Carnet de voyage en Islande
Jour 1, de Keflavik à Skaftafell
par Laurent ~ 17 juillet 2008. Classé dans: Islande, Voyage.
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jokull : Glacier en islandais, prononcer yokoul
Première journée en Islande, le soleil brille. Rapidement, après les tâches en devenir quotidiennes du pliage de camp, petit-déj, douche et facture à la réception, je quitte le camping, direction la route N°1 que je vais suivre jusque Skaftafell pour l’étape d’aujourd’hui.
Dès les premiers kilomètres on traverse de gigantesques champs de lave donnant le sentiment de rouler sur un territoire entièrement dévasté. Ici et là, quelques pousses sporadiques de végétation tentent de reconquérir le territoire. Aucun arbre à l’horizon, au loin les montagnes au dôme blanc et plat émergent de l’horizon laissant les langues glaciaires déborder sur leurs flancs.
Difficile de réaliser que l’on est sur un point chaud de la dorsale atlantique, et que l’Islande a été créée par les éruptions volcaniques dont le cumul de lave a dépassé le niveau de l’Océan. Cela donne un peu la sensation d’être au sommet d’une chaîne de montagnes. L’île la plus jeune du monde (Surtsey) est née au large des côtes islandaises en 1963 des suites d’une éruption volcanique … Un aperçu des origines du monde qui impose beaucoup de respect envers la terre que l’on est en train de fouler.
Le choix des cadrages carrés des photographies est un parti pris afin d’uniformiser la série. Je trouve que c’est un format qui sied plutôt bien aux palettes et textures des paysages islandais. Ce choix n’est pas non plus dénué d’influence, les images d’Islande prises à la chambre photographique par le photographe Patrick Desgraupes sont magiques. Loin de moi la prétention d’aborder la photographie comme peut le faire un artiste, mais lorsque j’étais là bas, je ne pouvais pas ôter ses images de ma tête !
Parenthèse fermée, revenons sur notre route N°1. Les « arrêts photos » ne se feront pas aussi fréquemment que je l’aurais souhaité, de part la nature sauvage du terrain, les routes sont un peu surélevées, et cela a pour conséquence l’absence de bas côté, toute sortie de route est définitive ! De nombreuses fois je laisserai derrière moi quelques petites perles de paysages.
Le premier arrêt « programmé » se fera à Sellfoss, cascade insolite laissant surgir un filet d’eau du haut d’une falaise. Un peu plus loin, sa grande soeur Skogafoss lui vole un peu la vedette. Ici se trouve un départ de randonnée jusqu’à Thormorsk, puis plus loin au nord jusqu’au Landmannalaugar, une des plus belle randonnée d’Islande d’après les guides. J’y retournerai pour ça.
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En poursuivant, la route se rapproche de la côte et prend un peu d’altitude, puis au détour d’un virage on aperçoit les aiguilles de lave noire de Vik. Reynisdrangar, les rochers des trolls qui selon une légende ont été transformés en pierre par les rayons du lever de soleil.
Vik est un petit village dominé par son église. Le village se trouve en zone critique, en cas d’éruption sous le glacier Myrdalsjokull, des tonnes de boues pourraient se déverser sur les habitations.
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Plus loin, on retrouve des paysages de cendres noires et ondulés par les assauts des vieilles coulées de roches en fusion. A l’approche de Skaftafell, la route N°1 se transforme en un long pont surplombant les Sandurs, vastes étendues de sables noirs formant la frontière avec l’Océan. Les langues du glacier Vatnajokull semblent se déverser vers ses étendues, cela devait être le cas il y a de nombreuses années.
En passant, on aperçoit une aire de parking avec des débris métalliques montés en monument. Un hommage en souvenir de l’éruption sous-glaciaire de 1996 qui a provoqué une vague déferlante de boue de 4 mètres de haut sur 20km, envahissant toute l’étendue du Skeidararsandur et détruisant une portion de la route N°1. Ce phénomène a été causé par la fonte des glaces et son accumulation dans un lac sous le glacier. Imaginez une éruption volcanique avec 450 mètres de glaces par dessus !
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Arrivée au parc national de Skaftafell, idéalement situé pour des expéditions vers le Vatnajokull. Depuis le terrain de camping, on peut apercevoir la langue glaciaire de Skaftafellsjokull qui semble réellement tout près. D’ailleurs il ne faut qu’un petit quart d’heure de marche pour se rendre à son pied. Chose que je m’empresse de faire à peine la tente posée ! Les premiers contacts avec la glace !
Le glacier est recouvert de cendres noires, il ne s’agit pas d’éruptions récentes, mais de cendres emprisonnées dans les glaces et qui se révèlent au fil des mouvements de fonte. Le pied du glacier est dangereux, des sables mouvants peuvent se former à certains endroits, j’y circulerai donc avec prudence.
Observer un glacier est tout aussi apaisant que de contempler l’Océan. Surtout le Vatnajokull, grand comme la Corse, en grimpant sur cette langue glaciaire, on peut parcourir 100 km avant d’en sortir !
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La première journée a été au delà de ce que je pouvais imaginer, et pas tant par la beauté des paysages, que par le caractère exceptionnel d’un île qui semble littéralement vivre sous nos pieds.
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Après une bonne soupe chaude, je songerai un moment à la journée de demain, intrigué et surtout très excité par l’idée de me rendre au Jokulsarlon, avant de m’endormir, engourdi par le froid.





































22 juillet 2008 à 18:22
les paysages sont sublimes décors lunaires et glaciaires !
22 juillet 2008 à 22:01
Pour le côté glaciaire, j’avoue que ça me fait du bien d’y replonger en cette saison chaude à Toulouse !
5 septembre 2008 à 11:55
Bonjour Laurent,
Merci pour ces superbes photos … Après 3 voyages en 2000, 2002 et 2004 l’islande nous manque de plus en plus …. La qualité de vos clichés est à la hauteur de la beauté des payasages. Encore bravo !
5 septembre 2008 à 14:11
Merci Fabrice !
Trois fois en Islande, j’espère un jour atteindre ce quota !
8 septembre 2008 à 13:30
Bonjour Laurent,
il faut que je vous précise qu’il s’agissait à chaque fois de voyage ‘éclairs’ , 6 jours pour le plus long c’est vous dire… Mais cette île exerce un tel magnétisme qu’il ne se passe pas un jour sans que l’on fasse appel à un souvenir ou à une image … et au travers de vos photos vous réussissez à retranscrire ce magnétisme, ce contexte particulier, bravo encore.
A propos de vos photos, vous serait-il possible de m’indiquer si vous opérez un post traitement ou bien s’il s’agit des épreuves brutes ?
Merci beaucoup pour ce superbe petit espace de rêve.
Encore bravo, on en redemande …
8 septembre 2008 à 19:37
Un commentaire qui fait bien plaisir ! Merci pour ces encouragements !
« Magnétisme », effectivement je crois que c’est un bon terme pour caractériser l’Islande.
Sinon pour les photographies, je passe un post-traitement sur chaque image pour travailler certaines zones en contraste/lumière. Surtout sur les images d’Islande dont la capture a été réalisée avec un bridge de 2005 + parfois un filtre dégradé pour le ciel. Les images présentaient souvent une perte de contraste.
A mon retour je craquerai d’ailleurs pour un reflex, dont les résultats sont bien meilleurs, me disant que comme ça j’aurai une bonne excuse pour retourner au pays des trolls et refaire quelques images !
21 janvier 2009 à 9:21
Bonjour FAbrice,
Je suis tombé sur ton blog, un peu édifié… je vais en ISlande 9 jours, seul, en voiture de loc en juin, et l’itinéraire que j’avais concocté est le même que toi…. et le but aussi (photos)!!!
J’ai une question à te poser : tu as pris tous tes sublimes clichés avec un bridge de 2005. Certaines photos sont très « panoramiques ». J4ai un Reflex PEntax k100 (18-55 et 80-2300). Celà me permettra-t-il de capter toutes les beautés de cette Ile?
26 janvier 2009 à 18:47
Merci Christophe, a mon avis avec le Pentax et ces deux zooms tu dois déjà pouvoir bien t’amuser ! Mon bridge couvrait 28/200 en équivalent 24×36. Le grand angle reste la focale la plus utilisée pour les paysages islandais. Même un ultra-grand angle serait le bienvenu ! (10 ou 12mm)
Par contre la lumière islandaise est très incidente (soleil bas), donc les scènes de contre jour sont difficiles à saisir, j’utilisais un filtre dégradé gris neutre. N’ayant pas toujours le temps de monter le porte filtre je le tenais parfois manuellement devant l’objectif, ça dépanne. Sinon si tu shootes en RAW en sous-exposant un peu tu devrais avoir de bon résultat après débouchage des ombres. Ne pas hésiter à faire du bracketing à outrance ! J’ai pratiquement effectué un bracketing sur toutes les prises de vues avec des conditions de lumières difficiles, et je ne regrette pas !
Voilà, je te souhaite un bon voyage au pays magique !
Laurent
27 janvier 2009 à 20:34
Ah oui, pour les photos « panoramiques », il s’agit en général d’assemblages de deux ou trois vues, ou de simples recadrages.
5 février 2009 à 9:49
Merci Laurent pour tes réponses.
Sans abuser, je te laisse mon mail de façon, si tu le veux, à échanger nos coordonnées téléphoniques. J’aurais en effet bien des questions (logistique, photo, itinéraires) à te poser. Wavecore@hotmail.fr. Je pars seul du 10 au 19 juin. A bientot peut etre, et félicitation encore poue tes clichés.