Carnet de voyage en Islande
Jour 3, de Skaftafell à Myvatn – Partie I : Jokulsarlon
par Laurent ~ 30 juillet 2008. Classé dans: Islande, Voyage.
Grosse, grosse journée. Elle commencera à 5h00 avec le réveil. A peu près celui du soleil, à la différence que celui-ci n’a pas de camp à replier avant de pouvoir attaquer sa journée ! Ce matin, je suis un peu au ralenti, cette nuit a été glaciale ! J’ai pourtant bien dormi, le contre-coup du dépaysement probablement.
Quelques dizaines de minutes plus tard je suis sur la route, un peu soucieux d’un ciel bas que le soleil levant a bien du mal à percer. J’ai une petite appréhension … est ce que le Jokulsarlon sera à la hauteur de ce que je m’attends à voir. Il faut dire qu’il n’est jamais abordé que par des superlatifs, plaçant la barre d’emblée assez haute, et les paysages sauvages de Skaftafell encore bien présents dans mon esprit paraissent difficiles à détrôner.
La route longe le Vatnajokull tantôt magnifié par la lumière du petit matin, tantôt rendormi par le passage d’un nuage.
Et puis tout en observant le glacier sur ma gauche, entre deux buttes de sable, il me semble apercevoir le haut d’un iceberg. Intérieurement je me dis que ce n’est probablement pas le Jokulsarlon, je m’attendais plutôt à devoir suivre une piste quelconque, ou quelques indications d’accès en bord de route. Le site ayant l’air tellement sauvage qu’on se dit qu’il est forcément reculé.
Ceci-dit, dès que je peux, je m’arrête, gare la voiture et commence l’escalade de ce rideau de sable pour voir ce qu’il cache. Arrivé en haut, plus de doute, il s’agit bien du fameux lac glaciaire. Cela semble surréaliste de garer la voiture, marcher vingt mètres et voir ce paysage ! Je descends sur la berge et goûte pleinement au moment tout en dégustant quelques biscuits en guise de petit déjeuner.
Au loin on peut entendre les craquements sourds du glacier qui portent les cliquetis clairs de la glace qui s’entrechoque. C’est sans aucun doute un des plus bel endroit qu’il m’ait été donné de voir. Je ressens la même chose que sur la route des joyaux sur l’altiplano bolivien.
J’observe quelques phoques qui ont apparemment la bougeotte, ainsi que le vol linéaire des sternes arctiques, et celui quelque peu chaotique des mouettes ravisseuses. Et cerise sur le gâteau, je suis complètement seul ! L’unique petit bémol se situe au niveau de la lumière qu’un ciel capricieux et changeant vient bousculer régulièrement. Dès qu’un (trop rare) rayon de soleil atteint le lac, les icebergs s’illuminent et changent littéralement de couleurs.
Je croiserai tout de même un photographe un peu plus tard, qui a bivouaqué au bord du lac malgré l’interdiction pourtant bien compréhensible. Un tel site peut vite devenir victime de son succès, il a déjà fait les frais d’Hollywood.
Je me baladerai ensuite sur les rives sans compter le temps …
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L’idée de passer la journée à contempler le lac me traverse l’esprit, mais le site devrait bientôt subir les assauts de quelques cars de touristes, et j’ai encore beaucoup de choses à voir.
Je poursuis donc le sentier qui longe la rive jusqu’à un pont un peu plus loin, avec quelques bâtiments et bateaux. Il s’agit de la structure d’accueil avec le parking « officiel ». Je me félicite du petit coup d’oeil ce matin entre deux dunes qui m’a épargné la découverte du lac par ce « standard ».
L’endroit reste tout de même carrément insolite. Le pont franchit un canal reliant le lac du Jokulsarlon à l’Océan qui se trouve à à peine 100 mètres de là, de l’autre côté de la route N°1. Sur ce canal, des icebergs de toutes tailles se suivent docilement pour aller rejoindre le large, où pour nombre d’entre eux, ils seront rapidement rabattus vers la côte par les marées.
C’est là, échoués dans un écrin de cendres noires, presque ironiquement à quelques dizaines de mètres du lac qui leur a donné naissance, qu’ils vont lentement fondre sous les rayons du soleil.
Ce manège rythmé par la nature m’évoque un sentiment de nostalgie, voire même de tristesse et de compassion envers le destin de ces colosses de glace dont j’ose à peine imaginer l’age.
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Dès lors que j’aurai repris la route, laissant le Jokulsarlon derrière moi, j’aurai le sentiment d’avoir trouvé ce que j’étais venu chercher en Islande. Le reste ne sera que du bonus, et quels bonus ! A commencer par les premiers fjords !
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La suite dans le prochain billet, Jour 3 – Partie II : Fjords et solfatares de Namafjall. Eh oui, c’était une grosse journée !
























10 août 2008 à 16:57
magnifique !!!!!
tes précédents articles m’avaient déjà bien donné envie de partir en Islande un jour, mais là encore +++
bien la photo avec l’autre photographe, ça donne une bonne idée de l’échelle des blocs.
10 août 2008 à 18:46
Merci Marie-Anne, vu les photos originales que tu affiches sur flickr, vas-y sans hésiter en Islande, tu vas t’éclater !
13 janvier 2009 à 9:33
Salut mon Lolo, et meilleurs voeux tout plein tout plein.
Toujours aussi magnifiques toutes tes photos.
Je poste ici sur un ancien sujet pour te dire un grand merci…
Tes photos sont tellement belles que je viens d’en récupérer quelques-unes pour Léna. Elle doit illustrer par des photos les différents états de l’eau. J’ai tout trouver sur ton superbe site. On discutera des royalties quand on se verra. :-p
Bises.