Carnet de voyage en Islande
Jour 3, de Skaftafell à Myvatn – Partie II : Fjords et Namafjall
par Laurent ~ 5 août 2008. Classé dans: > Tous les articles, Islande, Voyage.
Suite de la troisième journée. Après une matinée plus que dépaysante au bord de l’extraordinaire Jokulsarlon, je reprends la route N°1 avec pour objectif de m’arrêter à Egilsstadir pour la nuit. Au fil du chemin parcouru, le ciel se montre de plus en plus tourmenté, le vent de plus en plus violent, et la route côtière prend l’allure d’une route de montagne, signe que l’on rentre dans la région des fjords de l’Est.
Pour rappel, un fjord est une ancienne vallée glaciaire formant une profonde entaille dans les terres, laissant un long bras d’Océan pénétrer dans ce chenal naturel aux flancs montagneux. Effectivement, ils sont très longs, lorsqu’on arrive à son entrée par la route, on en voit la sortie juste en face de nous, à quelques centaines de mètres. Et pourtant, il va falloir parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour y parvenir en longeant la côte, dans un sens … puis dans l’autre … !
Les paysages sont superbes, mais un vent très violent s’est levé. La conduite devient alors assez périlleuse, notamment sur la section de route qui n’est pas asphaltée et qui traverse un pierrier instable duquel des éboulements sont sans cesse provoquer par les rafales de vent. Lorsque je sors de la voiture pour prendre quelques photos de l’Océan sous la tourmente, je peine à tenir debout et une rafale de vent me projette carrément contre la voiture. Je comprends vite qu’il vaut mieux que je ne sorte pas du véhicule. Doucement mais surement, je quitte ce lieu où la nature semble vouloir reprendre le contrôle.
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Mon arrivée au bord du phare de Streitishvarf est accueillie par un petit rayon de soleil, le dernier avant longtemps !
La route s’éloigne alors de la côte, pour franchir un petit col perdu dans la brume. De l’autre côté, la pluie. Une pluie de celle dont on sait qu’elle est installée pour durer. Un flot continu et invariable au point d’en oublier le réglage des essuies glaces. Arrivé à Egilsstadir, il n’est pas si tard, et je me vois mal monter la tente sous ce déluge. Je suis face à un dilemne, attendre que la météo s’améliore, ou oublier la région d’Egilsstadir et tenter ma chance plus loin.
Un petit coup d’oeil au routard, et je vois qu’il y a un autre camping à Grimmstadir, environs 90 km de route. Cela me permettrait de m’avancer vers Myvatn, et bien que la décision d’oublier la visite de la région Est soit difficile, je décide de prendre les devants et courir après le soleil plutôt que de l’attendre.
Plein d’espoir et en même temps d’amerturme, je me relance sur la route pour 90km plutôt extraordinaires. La route traverse un véritable désert avec ses dunes de cendres et de roches noires, sous cette pluie battante, noyant l’horizon, l’ambiance est véritablement apocalyptique. De temps en temps je croise un véhicule qui me ramène à la réalité, on est bien sur la planète Terre !
Grimsstadir … les mêmes paysages de désolation, et toujours cette foutu pluie !! Bon, Myvatn, ma dernière chance à 40 kilomètres … je continue sur ma lancée.
Un peu plus loin un camion arrêté au milieu de la route, et quelques personnes discutent sur le bord. En dépassant la scène, je vois une voiture renversée sur le toit dans le bas côté, la tôle n’est même pas froissée. Ici la route est fortement surélevée car la terre n’est composée que de vastes coulées de lave refroidies, l’imprudent aura peut-être voulu s’arrêter en serrant au maximum à droite, un peu trop. Toute sortie de route est définitive !
L’incident me laisse un peu perplexe, cramponné à mon volant, jusqu’à ce que le battement inhabituellement présent des essuies glace me tire de mes pensées. Je retrouve le sourire, il ne pleut plus ! Immédiatement je m’imagine le camping au bord du lac de Myvatn, à préparer la popotte du soir en vue d’un bon repas au sec !
Myvatn approche, sur la gauche, j’aperçois un parking face à des fumeroles s’échappant d’une montagne ocre. Il s’agit du site de solfatares de Hverir et du Namafjall. Je suis crevé, il est 20h30, j’ai roulé plus de 8h, sans compter le réveil à 5h ce matin pour la balade au Jokulsarlon qui me semble déjà si lointaine ! Incroyable comme un rayon de soleil inespéré peut recharger les batteries, il y a encore deux bonnes heures avant que le soleil ne se couche, la lumière est là, je décide donc de m’arrêter pour l’ascension du Namafjall.
Une balade d’une heure et demie pour 120 mètres de dénivelé. Tout en marchant, je me félicite de ne pas être resté à Egilsstadir sous la pluie, le paysage est magnifique et cette balade ce qu’il me fallait pour oublier la route interminable.
La montée sur le flanc du Namafjall est assez délicate, il a plu ici aussi et la terre s’est transformée en une boue collante et glissante. Heureusement qu’il est possible d’effectuer une boucle pour redescendre par derrière le long d’une pente plus douce. Au sommet, le panorama est sublime, un plafond de nuages très bas laissant parfois le soleil percer recouvre un plateau volcanique gigantesque.
Derrière, j’aperçois le lac de Myvatn, il me rappelle à l’ordre, il ne faut pas que je tarde trop pour rejoindre le camping.
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Je trouve facilement le camping de Reykjalid, très agréable, comme je l’imaginais, dans un coin de verdure au bord du lac. A l’accueil je surprends une conversation avec un couple d’anglophones devant moi, ils discutent du temps … 3 jours sans pluie à venir !
Voilà une journée bien remplie. Le matin dans les glaces, le soir dans les volcans, l’essence même de l’Islande !
























4 septembre 2008 à 1:50
Je n’en rate pas une miette ! Superbes lumières et couleurs. En plus, je constate que tu es comme moi, quand la lumière est belle, tu te recharges tout seul et ne sens plus ni la faim ni la fatigue.
4 septembre 2008 à 13:01
Eh oui, c’est le problème avec l’Islande, la lumière est trop souvent belle !
7 septembre 2008 à 17:13
bonjour,
Très bon compte rendu de ce voyage magnifique.
Nous avons fait le même parcours que vous une dizaine de jours après vous. Le temps était légèrement différent du votre car s’il a fait un temps affreux (brouillard à couper au couteau au niveau des fjords), nous avons eu la chance de retrouver le beau temps à Egilsstadir.
Effectivement nous sommes bien peu de chose face à cette nature sauvage et extraordinaire.
7 septembre 2008 à 19:25
Merci Karine,
on m’avait en effet dit qu’il faisait plutôt souvent beau sur Egilsstadir, j’ai dû tomber sur la mauvaise journée !! Mais à la mi-aout, c’est un risque à prendre.
Les fjords dans le brouillard, ça ne devait pas être très rassurant, vu mes souvenirs de la piste un peu scabreuse.
10 septembre 2008 à 20:33
Bonsoir Laurent,
, d’autant plus que, comme tu peux l’imaginer la route était une fameuse « gravel road »… Un grand moment
Oui effectivement les fjords dans le brouillard c’était un peu galère… Donc à un moment nous avons bifurqué sur une autre route qui quittait les fjords et qui était soi-disant moins longue en direction d’Eglisstadir… Oui mais bon on ne voyait pas à 1 mètre… Donc avons donc été très très vigilants
En fait nous avons eu l’occasion de voir d’autres fjords par la suite dans le nord de l’Islande vers Akuriery est c’était magnifique aussi. En résumé c’était un sacré voyage.
Bonne continuation à toi