Carnet de voyage en Islande
Jour 4, Myvatn

par Laurent ~ 20 août 2008. Classé dans: > Tous les articles, Islande, Voyage.

Réveil un peu plus tardif que d’habitude ce matin, c’est les vacances ! Pas de camp à plier, la tente m’attendra sagement à sa place ce soir lorsque je reviendrai de la boucle que j’ai prévu d’effectuer autour du volcan Krafla. J’aborde donc cette journée presque comme une journée de repos … bien qu’elle ne le sera pas vraiment, de tout repos !

A l’ouverture de la tente, je glisse la tête dehors, il fait frais, mais c’est maintenant devenu une habitude. La plafond est très bas, une ambiance un peu mystérieuse donne sa mesure au pays des trolls par quelques silhouettes sombres perçant les rideaux de brouillard. Curieusement, je ne regrette pas le soleil, on pardonne facilement aux ciels trop bas, dixit un certain chanteur belge. Je me prépare, direction le Krafla.

La route traverse une centrale géothermique que je laisserai mon imagination dessiner tellement le brouillard est dense. Je ralentirai même au point de m’arrêter lorsque les vapeurs blanches deviendront par moment presque opaques. A l’approche du site, une colline dérivant du vert au ocre fumant rappelant le Namafjall se dessine, annonçant l’imminence du parking. Il pleut quelques gouttes, il n’y a pas âme qui vive à l’horizon, j’adore ça. Découvrir seul des sites naturels où la nature y est si sauvage et puissante est à mon avis un véritable privilège. Comme si toute l’énergie de l’endroit ne pouvait converger que vers soi.

Je suis le sentier au milieu des solfatares et des mares fluorescentes (cette lumière blanche et bleue émanant de l’eau restera un mystère !), jusqu’à ce que la terre rouge s’enfouisse sous une gigantesque carapace noire s’étendant jusqu’à l’horizon, la coulée de lave de 1984. Un cratère fumant trône sur ce champ de lave qui semble presque encore chaud. La terre humide forme une boue de glaise très profonde et glissante, je ne pourrai pas aller plus loin sur le sentier qui est en cours d’aménagement. Je regagne donc la voiture pour me rendre à quelques kilomètres de là, au bord du cratère Viti, où repose un lac rond d’eaux émeraudes.

Je poursuis ensuite la route en remontant une piste noire vers le nord, en direction de la fameuse cascade de Dettifoss, affichant le débit le plus important d’Europe. Le vaste désert que traverse la piste tranche fortement avec le fourmillement touristique que provoque la proximité de Dettifoss. Je regarde avec envie le bord opposé des gorges de la rivière Jokulsa où il doit probablement exister des sentiers de randonnées permettant d’aborder le site avec plus d’intimité. Ceci-dit, la puissance et la beauté du site ne peuvent pas laisser indifférent !

La piste, assez chaotique, rejoint ensuite la péninsule de Tjornes où l’on retrouve une ambiance de fjords. Elle longe la côte avant de repiquer au sud en direction de Myvatn, en passant par le port d’Husavik.

En arrivant sur Myvatn, mon appétit de paysages n’est pas encore rassasié. La lumière tardive de l’été islandais a vraiment du bon et permet vite de mettre la fatigue de côté. Je m’arrête donc au bord du lac, dans un site assez particulier, les chateaux noirs de Dimmuborgir. De curieuses formations de laves de plusieurs mètres de haut. Le site est quadrillé de sentiers balisés se faufilant entre les colosses noirs. Je suivrai celui qui me mènera au pied du volcan Hverfall. Encore une curiosité de la géologie islandaise qui fait que l’on se sent vraiment tout petit. Ce volcan de près de 150 mètres de haut est né d’une explosion froide de gaz. J’imagine la violence du phénomène à mesure que je m’approche de cette montagne de sable noir.

Je m’attaque à son ascension par le sentier serré qui serpente sur son flanc. A nouveau je suis seul, l’heure tardive y est certainement pour quelque chose. J’avalerai la montée rapidement, impatient de dominer la région de Myvatn depuis le sommet. Le paysage sera au delà de ce que j’imaginais.

En haut, j’apercevrai quelques marcheurs se dirigeant vers la descente. Apparemment ils ont suivi un sentier circulaire dessinant le tour du cratère. Je décide de faire de même. Cela me prendra plus d’une demi-heure, avant de redescendre pour la marche de retour à travers les châteaux noirs qui prennent des allures inquiétantes avec la tombée du jour.

Je rejoindrai le camping à la nuit tombante.

6 Réponses à Carnet de voyage en Islande
Jour 4, Myvatn

  1. monique

    quels paysages magnifiques ! et c’est comme ça que j’aurais aimé visiter l’Islande, à la vie nature ! mais je ne regrette quand même pas mon voyage de juin dernier (photos sur mon blog, vcatégorie « voyage en Islande » car je ne serais pas capable de tant marcher ! mais quelq beaux paysages j’ai vus ! et grâce à des blogs comme le tien (et aux romans que je lis en ce moment) c’est comme si j’y étais encore !

  2. Arthus31

    Au vu de ces photos, sans doute la plus belle journée parmi les 4 premières !!! !!!
    Vivement Juin prochain !!

  3. Laurent

    Merci monique, ton carnet de voyage en Islande est très intéressant ! Bravo pour la documentation et les photographies !

    Yep Philippe-Arthus, pas sûr, mettrais le jour 3 un poil au dessus !
    Prépare bien le trip pour l’été prochain, t’as choisi ?

  4. Arthur

    J’ai du mal à trouver un adjectif plus puissant que « sublime » qui pourraient qualifier ces paysages sauvages….l’effet doit être bien plus grand en vrai !? un vrai régal …
    En tous cas, un grand merci de les avoir publiés pour nous les faire partager :)
    Bien à vous

    Arthur

  5. Arthur

    « pourrait » désolé pour la faute :)

  6. Laurent

    « My pleasure ! » comme on dit ;-)

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