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Laurent Masson - Auteur Photographe

Carnet de voyage en Islande
Jour 7, de Grundarfjordur à Reykholt

par Laurent ~ 13 septembre 2008. Classé dans: > Tous les articles, Islande, Voyage.

Alors que touchant à la fin du voyage, je commençais à me résigner à l’idée que je devais avoir vu le plus beau, les péninsules islandaises me réservaient décidément de belles surprises !
Snaefellsness est sans doute une de mes régions préférées d’Islande, du moins parmi celles que j’ai eu la chance de visiter. Il y a peu d’endroit sur la presqu’île d’où l’on ne peut apercevoir le majestueux volcan Snaefellsjokull, dont le flanc sinueux de tranchées volcaniques donne la mesure de sa puissance, cachée sous son manteau blanc de glace.

Tout est né de lui ici, les gigantesques coulées de lave stoppées par l’Océan marquent son territoire, au pied duquel on ressent le besoin de lui demander la permission pour y pénétrer. On comprend facilement pourquoi Jules Verne l’a choisi pour illustrer le voyage au centre de la Terre.
Est-ce parce que j’approche de la fin de ma boucle autour de l’Ile ? Je déborde de motivation et de soif de découverte. Un état idéal pour profiter pleinement de la péninsule dont les paysages sauvages sont à couper le souffle, le Snaefellsjokull à l’honneur.

Je quitte Grundarfjordur et son emblématique mont Kirkjufell au petit matin, et j’atteins rapidement Olafsvik, dont le port garni de bateaux de pêche m’offre un cadre très agréable pour un combiné balade/petit-déjeuner.

La route se faufile entre la côte et les champs de lave. Ici vivait un peuple de pêcheurs, on peut y observer d’anciens abris construits par empilement de pierres, à peine visibles au milieu des roches volcaniques.

Plus loin, les aventures de Jules Verne en tête, on croise une scène dont on se dit que Hitchcock est probablement passé par là également. Un nombre impressionnant de Sternes arctiques bien décidées à défendre leurs niches, affichent une agressivité peu farouche à l’encontre de cette grosse carcasse de tôle que je m’évertue à piloter en veillant à passer le plus inaperçu possible. Quelques coups de becs sur le pare-brise et le rétro-viseur suffiront à me convaincre de ne pas sortir du véhicule trop vite. J’attendrai un moment que mes hôtes finissent par m’accepter, et je me risquerai à quelques pas dehors, pour contempler la parois grise et noire du Snaefellsjokull.

Je reprendrai ensuite la route avec grande précaution, les Sternes ont niché jusqu’au beau milieu de la piste, et il me faut faire usage de patience et de quelques zig-zag pour éviter de les déranger, voire de les blesser.

La vue de quelques volatiles brisés en bord de chemin me fait comprendre que certains ne semblent pas prendre autant de précautions, et doivent probablement juger que leur droit de passage vaut plus que la vie de ces animaux.

Dritvik, au bout d’une piste surfant sur les vagues de lave refroidies, et piquant droit vers l’Océan. La plage noire est magnifique, les roches volcaniques ont formé des falaises et des récifs d’une quinzaine de mètres de haut qui viennent percer le bleu vif de la mer.

Sur la plage, des morceaux de ferrailles rouillés jonchent le sable noir, en témoignage physique du naufrage d’un cargo anglais en 1947, et venant renforcer encore le caractère insolite de l’endroit.

Je me baladerai assez longuement, suivant quelques sentiers au surplomb des falaises, toujours sous la présence imperturbable du Snaefellsjokull.

Avec regret, je quitterai la péninsule, en direction de Reykholt, sur la route d’Husafel, où j’ai l’intention de passer la nuit.

Un site magnifique ! Le camping est flambant neuf, en bord d’une rivière ouvrant sur des montagnes enneigées. L’accueil y est très chaleureux, et l’équipement au delà de ce que je pouvais imaginer. Jacuzzi, salon avec fauteuil, électricité et Wifi, et même des sentiers de balades au départ du camp. J’y resterais bien quelques jours ! Mais j’aimerais voir les fameux sites du cercle d’or, ainsi que goûter aux trottoires de Reykjavik.

Je profiterai donc de la soirée en admirant le coucher de soleil depuis un promontoire rocheux idéalement exposé, à cinq minutes de marche de ma tente. Un spectacle inoubliable, d’autant que le coucher de soleil d’été est très long en Islande en raison de l’incidence faible de la trajectoire du soleil par rapport à l’horizon.

Des étoiles plein les yeux, j’irai me coucher avec une satisfaction non dissimulée d’une journée que je n’oublierai pas.

5 Réponses à Carnet de voyage en Islande
Jour 7, de Grundarfjordur à Reykholt

  1. francevoyage

    Wow, wow, wow ! Toujours aussi belles ces photos et ces lumières d’Islande !

  2. Laurent

    Merci France, c’est vrai que j’ai été gâté par la météo !
    Mais le reste du voyage sera malheureusement moins coloré

  3. Nico

    Wwwwwwwwwwwwwaaaaaaaaaaaaaaaaaaooooooooooooooooouuuuuuuuu

  4. Laurent

    Merci pour l’enthousiasme Nico !

  5. Ioanne

    Bonjour Laurent
    Je vais passer une semaine solo en Islande (première d’août) . J’ai choisi mon camp de base douillet dans un hôtel au centre de Reyjavik d’où je partirai pour des excursions d’un jour déjà réservée (Blue Lagoon, geysers, forêt de jenemesouviensplusdunom, etc). Après avoir visité votre blog, cette région magnifique autour du Snaefellsjokull m’intéresse grandement. Est-il réaliste à votre avis de faire un aller-retour de Reykjavik vers cette région en une journée (je louerais probablement une Toyota Yaris)?
    Merci
    Io
    Montréal, QC

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