Carnet de voyage en Islande
Jour 5, de Myvatn à Blonduos

par Laurent ~ 26 août 2008

Une étape de transition aujourd’hui. Après deux jours et demie au milieu des volcans de Myvatn, je reprends le tour de l’île par la route N°1.
En quittant la région du lac, je me rapproche des pseudocratères verdoyants de Skutustadir, résultat insolite de la rencontre d’une coulée de lave avec avec un marécage.

Un peu plus loin à l’Est, les chutes de Godafoss. De jolis rideaux d’écumes filent entre des doigts de roches, dommage qu’un petit rayon de soleil ne vienne pas révéler l’éclat émeraude de ses eaux.

La route rejoint rapidement le fjord bordant la ville d’Akureyri, que l’on aperçoit sur la berge opposée. Il s’agit de la seconde ville d’importance du pays après Reykjavik. Le bourg n’est pourtant pas bien gros, je le traverserai rapidement. A la sortie de l’agglomération, je quitte la route N°1 afin de remonter le fjord et de profiter de la présence de la côte.

Pour se rendre à Siglufjordur, qui est au nord de la péninsule au fond d’une route y menant en impasse, un long tunnel construit en 1946 doit-être traversé. Ce tunnel qui doit faire plusieurs kilomètres présente la particularité de n’avoir qu’une seule voie, tout en étant à double-sens !! Je dois dire qu’au début j’ai eu quelques doutes lorsque j’ai aperçu au loin deux petites lumières jaunes se rapprochant à grandes vitesses ! Tous les 300 mètres (de mémoire), il y a une aire de rabattement pour permettre les croisements. La technique est donc assez simple, tant qu’il n’y a aucune lumière en face, on fonce, et lorsque des phares surgissent, il faut faire appel à son meilleur sens de l’évaluation pour choisir entre l’aire de rabattement qui ne vous fera pas poireauter trop longtemps, et l’aire qui ne vous fera pas prendre le risque d’un bisou forcé de pare-chocs !


Je m’arrêterai en bord de route pour saluer deux petits chevaux islandais. On les surnomme des tolts, nom emprunté à une marche particulière entre le trot et le galop dont ils sont la seule race à en détenir le secret. Durant cette marche, ils ont toujours au moins un sabot à terre (pour les curieux).

En tout cas, ces petits chevaux sont très sympatiques, et on en croise très fréquemment en bord de chemin.

La route ensuite continue de longer la côte, je décide cette fois de faire un crochet par le sud afin de passer par la ferme de Glaumbaer, à Varmahlid. Ce site nous transpose aisément dans un monde tout droit sorti de l’imaginaire de Tolkien. Les vieilles bâtisses aux façades de bois et aux murs de tourbe sont enfouies sous une croute de pelouse tel une balle sous un tapis. Un véritable petit air d’Hobbitebourg, faisant face à une vaste plaine bordée d’une chaîne de montagnes sombres barrée d’un trait de nuages blancs.
La ferme date du XVIIIe et XIXe siècle, elle est maintenant devenue un musée de l’habitat islandais de cette époque.
Juste à côté, une petite église blanche veille sur un cimetière où quelques âmes reposent face aux grands espaces.

Plus loin sur la route, au regard de l’heure et de la trouée de soleil qui semble s’ouvrir au loin sur la côte, je m’arrêterai vraisemblablement pour la nuit à Blonduos. Un bon choix, le camping est superbe, pratiquement vide, et tout équipé ! Je chercherai désespérément un quidam à qui payer le droit d’y monter ma tente, mais je devrai me résoudre à profiter gracieusement de ce gazon vert et moelleux à souhait !

Après un bol de soupe et de pâtes, je pars en promenade digestive jusqu’au front de mer, de l’autre côté de la route. J’y observerai un moment quelques oiseaux profitant de la lumière rasante pour se sécher les plumes sur un rocher émergeant de l’eau. Il fait très doux ce soir, un calme et une atmosphère bienvenue, car je souhaite me coucher assez tôt pour profiter demain d’une belle lumière matinale sur la presqu’île de Vatnsnes.

Le retour à la tente se fera sous la lueur rougeoyante du soleil couchant. Je regrette un moment de n’être pas resté sur la berge pour profiter de cette superbe lumière sur la mer, mais la fatigue eu rapidement raison de mes regrets.